Ph: ©Gaïl Lefebvre, 2026
TRAVERSÉE(S)
Natalia Zamudio
Au pluriel, parce qu’il n’y en a jamais une seule. La mer. L’exil. La diaspora depuis laquelle j’écris ces lignes — ni tout à fait dedans, ni tout à fait dehors.
Le fil rouge de cette exposition est une teinture qui voyage d’une pièce à l’autre, portant avec elle une histoire d’extraction, de déplacement et d’effacement.
Pillé dès le XVIe siècle par le commerce colonial européen, le bois de campêche — originaire d’Amérique centrale — devint l’une des teintures les plus recherchées d’Occident. Cette même plante colore aujourd’hui plusieurs des tissus présentés ici.
Elle a teint des fragments de soie pour faire affleurer ce que la Méditerranée tient sous sa surface — l’une des frontières les plus meurtrières du monde, lieu de beauté et de danger, de passage et d’interdiction. Elle fait émerger des croix sur des morceaux de coton recyclé, pour dire les 6 402 civils non-combattants exécutés par l’armée colombienne puis maquillés en guérilleros abattus au combat — le scandale des « faux positifs ».
Elle revient encore, dans de nouveaux assemblages — réponses plastiques à une recherche née du travail sur les eaux traversées, nourrie d’une pensée de la relation et de la créolisation. L’horizon, la lumière et l’imagination s’y recomposent par blocs de couleur et de matière, quelque part entre le textile et l’art plastique.
Ces trois mouvements — Cuerpos de Agua — Fragments, Euphémismes, Assemblages — ne sont pas des points d’arrivée. Ils sont l’état actuel d’une recherche qui continue de se teindre, de se déplacer, de se transformer. Une traversée parmi d’autres.
Résonance avec la matière — devenue langage.
TRAVERSÉE(S) a commencé le vendredi 11 septembre à 18h à la Venelle Galerie, Die — à découvrir jusqu’au 10 octobre, les mercredis et samedis, entrée libre.
Interview | Émission radio sur Rdwa.fr
Natalia Zamudio nous présente sa nouvelle exposition, TRAVERSÉE(S) présentée en un vernissage, à la Venelle Galerie au 61, rue Camille Buffardel à Die, vendredi 11 septembre à 18h.
Dans la continuité d'Euphémismes, c'est un travail composé de textiles, de couleurs en teintures naturelles et de compressions. Un travail sur le voyage, le bois de campêche, le commerce colonial, la mémoire et les frontières.
Musique : Alain Péters – Rest'la maloya
Date : 08.09.26
lieu : Studio Rdwa
durée : '30"52
réalisation : Yves
TRAVERSÉE(S) | Vue d’ensemble de l’exposition
Ph: ©Gaïl Lefebvre, 2026