Dérives : Flux & Résonances

Exposition des artistes Marion Fontaine et Natalia Zamudio pour les Journées Européennes des Métiers d’Art.

Dérives : Flux & Résonances

Dérives : Flux & Résonances | Exposition

Peinture et textile. Deux pratiques, un même souffle.

Dérives : flux et résonances réunit Marion Fontaine et Natalia Zamudio autour d’une attention partagée à la matière en mouvement : Ce qui se dépose en surface n’est pas un décor — c’est une mémoire, la trace de ce qui a circulé, s’est transformé, s’est posé là. Minéral et végétal, papier et tissu : des univers distincts qui, mis en dialogue, révèlent ce qu’ils ont en commun — une confiance dans ce que la matière fait d’elle-même.

Présentée aux Journées Européennes des Métiers d’Art 2026, cette exposition marque un seuil — une première traversée de leurs territoires de recherche respectifs, avant leurs expositions en solo à la Galerie La Venelle à Die : Marion Fontaine à la mi-mai, Natalia Zamudio en septembre 2026.


Cuerpos de Agua — Fragments aux JEMA 2026

Du 7 au 12 avril, dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art, Dérives : Flux et Résonances était présenté à La Casa Loquita, à Die. L’occasion d’une première exposition de Cuerpos de Agua — Fragments — projet en mouvement, fragments d’une recherche sur ce que la Méditerranée retient, ce que les matières portent, ce que les corps traversent. Le texte qui accompagnait l’exposition parle à trois voix — celle des matières, la mienne, celle de l’histoire. Je le partage ici tel quel.

Fragments d'un projet en mouvement.

Cette mer a plusieurs noms.

Selon le bord.

Selon le siècle.


Des corps ont traversé.

À contre-sens, enchaînés.

Le commerce s'appelait autrement.


L'eau garde tout.

Elle ne distingue pas.

Le bois de campêche teint ces soies depuis le début. Plante d'Amérique centrale pillée dès le XVIe siècle par le commerce colonial, il porte en lui une mémoire longue — celle des corps déplacés, des matières arrachées, des routes forcées.

La soie vient du Japon, transmise depuis la Chine il y a deux mille ans par des corps de femmes.

Chaque matière a ses propres trajets — entre les continents, entre les siècles.

La colonisation a laissé des routes. Certaines sont devenues des frontières.

Des corps qui risquent la mer pendant que les matières, elles, passent librement.

Ce que l'histoire raconte

dépend de qui tient la plume.

Les corps, eux, ne racontent pas.

Ils témoignent.

Natalia Zamudio · Exploration Textile, Photographie & Installation · nataliazamudio.com
Marseille, un après-midi d'été. Je me rends au bord de la mer, déjà animée par le désir de l'observer, de la photographier, d'en faire passer l'empreinte sur le tissu — par le shibori, par la teinture végétale. Très vite, il ne s'agit plus de représenter, mais de laisser émerger : un geste, un mouvement, une lumière qui, à différents moments du jour, se reflète et se transforme à la surface de l'eau. Faire apparaître aussi un état intérieur — celui de la personne qui se tient face à la mer.
Et pourtant, en moi, une autre mer insiste. Celle que je contemple, ce soir d'août, est aussi celle qui, en 2015, a rendu le corps sans vie du petit Aylan. Même étendue, même mouvement — et cependant, irréductiblement autre.
Mer de vacances pour certains, elle est aussi mer de frontière et de danger pour d'autres, quittant les rivages d'Afrique.
Les matières ne sont pas neutres.
Ces tissus cherchent la surface de la mer — ses miroitements, ses rythmes retenus dans la fibre. Le geste est lent : on plie, on noue, on compresse, on plonge dans le bain de plantes. Ce que la teinture ne peut pas atteindre devient lumière. Ce qui résiste garde la trace de ce qu'il était.
Je veux faire résonner cette image de beauté — la mer, la lumière, le tissu — pour inviter à réfléchir à ce qui nous échappe lorsque nous la contemplons. Ce qui demeure, silencieux, sous la surface.
L'absence comme présence.
Un territoire saigné.
Puis une indépendance.
Supposée.
L'eau garde tout.
La couleur aussi.
Cuerpos de Agua — fragments.
Natalia Zamudio · Exploration Textile, Photographie & Installation · nataliazamudio.com

Cuerpos de Agua — Fragments continue.

Ce qui a commencé dans mon atelier de teinture végétale, à Die, cherche maintenant d’autres espaces — d’autres corps, d’autres voix, d’autres gestes. La suite s’invente. La mer appelle.


Cuerpos de Agua — Fragments a été présenté dans le cadre de l’exposition Dérives : Flux & Résonances, du 7 au 12 avril 2026 à l’association Casa Loquita à Die, France, lors des Journées Européennes des Métiers d’Art.


Les Voix de l’Artisanat | Émission radio sur Rdwa.fr

Une émission portrait enregistrée à l’occasion des JEMA.

Pour cette 4ème édition des Journées Européennes des Métiers d’Art®, la Ville de Die fédère plus d’une quarantaine d’artistes et d’artisan·es autour d’une programmation commune sous le thème « cœurs à l’ouvrage ».

Rdwa vous propose de découvrir chaque jour de cette semaine, un portrait pour découvrir un métier, un parcours.

Aujourd’hui partons à la rencontre de Natalia Zamudio, artiste textile.


Date : 05.03.26
lieu : Studio Rdwa
durée : ’20″26
réalisation : Tif



Dérives : Flux & résonances | Vue d’ensemble de l’exposition

Ph: Natalia Zamudio